C’est un sujet qu’on préfère souvent éviter… mais en pleine nature, faire ses besoins devient un enjeu de survie, d’hygiène et de respect de l’environnement. Lors d’un bivouac, d’une randonnée ou en situation de survie prolongée, la mauvaise gestion des déjections humaines peut avoir de lourdes conséquences : contamination d’une source d’eau, propagation de maladies, gêne au sein du groupe, voire mise en danger en attirant des animaux.
Et pourtant, avec quelques connaissances de base et les bons réflexes, il est tout à fait possible de le faire proprement, discrètement et sans nuire à l’environnement. Voici le guide complet, simple et applicable partout.
1. Les risques sanitaires à ne pas sous-estimer
Ce n’est pas juste une question de confort personnel : mal gérer ses besoins peut réellement mettre en péril votre sécurité ou celle de votre groupe.
Les principaux dangers :
- Propagation de bactéries et parasites : comme E. coli, giardia, salmonella, qui peuvent provoquer des troubles intestinaux graves.
- Contamination de sources d’eau : un simple oubli à proximité d’un ruisseau peut rendre l’eau non potable pour tout un groupe.
- Attraction des animaux sauvages : certains sont attirés par l’odeur ou les résidus (insectes, rongeurs, voire prédateurs).
- Problèmes d’odeurs et de cohabitation dans les campements serrés.
En clair : négliger ce point peut ruiner une expédition entière, ou provoquer des maladies évitables.
2. La méthode du “cathole” : propre, simple, efficace
C’est la technique individuelle de base, adaptée à la majorité des environnements naturels.

Comment faire :
- Choisissez un emplacement éloigné :
- Au moins 60 mètres d’un point d’eau (source, rivière, lac),
- Loin des sentiers, du campement, des zones de passage.
- Creusez un trou :
- Profondeur : 15 à 20 cm, pour éviter que la faune ne le détecte,
- Largeur suffisante pour un usage unique.
- Faites vos besoins dans le trou :
- Prenez votre temps, vérifiez votre environnement.
- Recouvrez soigneusement :
- Replacez la terre,
- Tassez pour limiter les odeurs,
- Ajoutez une pierre ou un repère discret (pour ne pas creuser au même endroit).
Conseil pratique : utilisez une pelle pliante légère, très utile aussi pour d’autres usages (foyer, tranchée, drainage…).
3. Papier toilette ou alternatives naturelles ?
C’est l’un des points les plus critiques à bien gérer, pour éviter que la nature ne se transforme en décharge à ciel ouvert.
Options possibles :
- Papier biodégradable :
- L’idéal en nature.
- Brûlez-le si possible (sous surveillance) ou enterrez-le avec les déchets.
- Mouchoirs classiques :
- À emporter avec vous dans un sac plastique hermétique → à jeter en ville.
- Alternatives naturelles :
- Grandes feuilles non irritantes (ex. : plantain),
- Mousse douce,
- Neige (surprenamment efficace),
- Pierre lisse ou bâton gratté (méthodes rustiques, mais parfois nécessaires).
Ne laissez jamais de papier à l’air libre, même s’il est « biodégradable ». Cela reste une pollution visuelle et une source d’odeurs.
4. Se laver les mains : la base de la prévention
En survie, un simple oubli d’hygiène peut conduire à une intoxication alimentaire, une infection ou une épidémie dans un groupe.
Solutions à toujours avoir dans son sac :
- Gel hydroalcoolique :
- Léger, rapide, sans eau.
- Savon biodégradable :
- À utiliser avec une gourde ou un point d’eau → plus efficace sur le long terme.
- Lingettes humides :
- Pratiques, mais à ramener avec vous après usage.
Le simple fait de se laver les mains après chaque passage est une habitude salvatrice. En pleine nature, elle devient cruciale.
5. Et en groupe ? Créer une “zone sanitaire”
En bivouac ou lors d’une expédition en équipe, mieux vaut organiser l’espace dès le début.
Règles à suivre :
- Définir une zone sanitaire collective, à distance du campement et de l’eau potable.
- Creuser une tranchée collective (latrine de 30 cm de profondeur) si le groupe reste plusieurs jours.
- Chacun recouvre après usage, ou prévoyez un petit seau de terre et une pelle commune.
- Délimitez visuellement la zone sans la rendre trop visible pour éviter qu’un non-averti n’y marche.
Une zone mal gérée = mauvaise odeur, propagation d’insectes, tension dans le groupe.
6. Quand creuser est impossible
Certaines situations ne permettent pas de creuser un trou : sol gelé, roche, terrain protégé…
Solutions de repli :
- Sac à déchets humains (WAG Bag ou équivalent) :
- Utilisé dans les parcs naturels ou en haute montagne,
- Contient un gel désinfectant,
- Se jette ensuite dans une poubelle classique.
- Sac hermétique de fortune :
- Double sac poubelle + sciure ou litière pour absorber,
- À évacuer dès que possible.
Dans les zones sensibles (haute altitude, zones protégées), emportez toujours vos déchets humains. C’est une obligation éthique… et parfois légale.
Un geste simple, un impact immense
Faire ses besoins en pleine nature n’est pas un détail anecdotique, mais une compétence de survie essentielle. C’est aussi une preuve de respect envers la nature et les autres randonneurs.
Avec une petite pelle, un peu de discipline, et du bon sens, vous pouvez :
- Éviter les risques sanitaires,
- Préserver les écosystèmes,
- Améliorer votre confort personnel et celui de votre groupe.
La nature vous offre un abri… à vous de lui rendre la pareille.